Elle le fixait, sans qu'il s'en rende compte. Il était bien trop mort pour se rendre compte de quoi que ce soit. La musique en fond sonore résonnait dans leur tetes. "Animal Sensation" des Mantis. Elle avait l'impression que cette musique lui rentrait dans la tete & lui dictait chacun de ses gestes. Mais peut etre était-ce dut au surplus d'alcool qu'elle avait ingéré, ou à ces petites pillules magiques qu'elle avait prise avec son amie, deux minutes auparavant dans les toilettes. Dans les toilettes bien sur, pour se cacher. Meme si elles étaient conscientes que tout le monde savait (ils n'étaient quand meme pas idiots, une demie heure à deux dans des toilettes, ce n'est pas pour admirer les murs^^), elles éprouvaient le besoin de se cacher, peut etre par respect, ou pour ne pas se montrer dans un tel état. Bref, elle était là, assise sur le lit & lui aussi. Les autres étaient en bas, à danser, boire, ou meme gerber pour certains.
Eux étaient ensemble. Elle aimait cette expression, bien qu'ils n'étaient pas réellement "ensemble". C'était toujours ainsi. Ils se retrouvaient à chaque soirées, ils baisaient, au mieux ils dormaient ensemble. Puis le lendemain ils se séparaient, et lorsqu'ils se croisaient dans la journée,au mieux ils se faisaient la bise. Bien sur, elle aurait aimé que ce soit autrement, qu'ils soient disons, officiellement ensemble. Mais il en avait décidé autrement. Non mais depuis quand elle laissait un mec décider de la suie à sa place? C'était toujours elle qui jetait tous ces mecs complètement dingues. Dingues d'elle. Mais cette fois ci elle ne décidait plus, elle ne pouvait qu'accepter ces nuits si belles & si horribles passées avec lui. Ces nuits baignées de caresses passionées & de larmes haineuses.
Il releva la tete vers elle, ses yeux bleus illuminés la fixait, et il lui souriait innocemment. Toujours avec ce meme air enfantin, celui de quelqu'un qui était incapable de faire le moindre mal. Mon cul. Elle lui rendit son sourire. Son sourire à elle était totallement différent : il était joueur, on ne pouvait le comprendre. Et pourtant. C'était lui qui jouait avec elle, et elle qui ne lui aurait jamais fait le moindre mal.. Il se pencha vers elle, pour l'embrasser. Elle se leva, fesant mine de chercher quelque chose dans son sac. Pourtant, elle mourrait d'envie de l'embrasser. Mais elle ne pouvait pas, car elle l'aimait. Il s'alluma une cloppe, l'air perdu. Elle se servit alors un verre de Pastis à l'annis, pas super mais qu'importe, le plus important était d'etre assez morte pour avoir le courage de l'affronter. Elle bu d'un trait son verre, sentant son regard à lui, lui bruler le dos. Elle imaginait parfaitement comment il devait etre, et de quelle manière il la regardait. Il la regardait toujours avec des yeux pleins d'envie. Mais pas une envie perverse, non. Ce n'était pas comme tous les regards que lui jetaient les autres mecs, des regards remplis de désirs et qui voulaient dire, pardon pour la vulgarité, "t'es bonne". Non, son regard à lui ressemblait plus à celui d'un enfant emerveillé par le plus beau jouet d'une vitrine des Galeries Lafayette à Noel. C'était ce qui l'avait séduite.Ce regard illuminé & déterminé. Lorsqu'il la regardait, elle se sentait tellement jolie. Elle décida de se resservir un verre, car elle réflechissait trop. Mais alors qu'elle portait le verre à ses lèvres, il l'interrompit :
-T'es vraiment jolie.
Elle ne pu réprimer un sourire. C'était plus fort qu'elle. Elle ne voulait pas lui montrer que ça lui fesait plaisir ou quoi que ce soit, mais à chaque fois, elle souriait. Lorsqu'il la regardait, ou qu'ils se parlaient. Meme lorsqu'elle lui en voulait, elle ne pouvait pas le remettre à sa place serieusement. Il la fesait autant sourire que souffrir. Elle déourna alors le regard vers lui, sans réponse.Elle aurait tant aimer lui hurler qu'il était con, que si elle était jolie il n'avait aucune raison de ne pas la vouloir, et qu'il avait interet à ouvrir les yeux une fois pour toutes. Mais au lieu de ça, elle le fixa longuement. Ses yeux disaient bien plus que toutes les paroles.
-J'suis un con, hein?
Pour toute réponse, elle jeta son verre et s'empara de lui. Elle l'embrassa, tandis qu'il la serrait extremement fort dans ses bras. Lorsqu'ils cesserent de s'embrasser, elle se dégagea de son étreinte & posa sa tete sur son torse. Il l'entoura de ses bras fins & à ce moment, on aurait juré qu'ils s'aimaient, qu'ils étaient heureux. Elle respirait profondement, de maniere à emplir ses poumons de son parfum, qu'elle savait ne plus pouvoir respirer avant longtemps.